đŻ La Vie Ă La Ferme En 1960
Enquelques lignes est ainsi brossé le bilan d'activité d'une année à la ferme. Nous reviendrons prochainement sur les cahiers de Germain Fauré pour y découvrir d'autres détails. Je remercie sincÚrement Paul Escrieut de me les avoir confiés pour les partager avec vous. Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois.
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Cenâest quâen 1936 que les efforts de Vincent Vincentelli et de son pĂšre, Joseph-Marie permettent de le ramener Ă la vie. Entre les annĂ©es 1960 et 1995 les Ă©curies du domaine abritaient un Ă©levage de chevaux de course grĂące Ă la passion de Vincent et Antoine Vincentelli, les murs gardent les souvenirs de cette belle histoire familiale.
Loinsâen faut. Paradoxalement, il est nĂ© dâune pĂ©riode pendant laquelle les fermes des crĂȘtes ont fermĂ© une Ă une, câest-Ă -dire Ă la fin des annĂ©es 1960. « A cette Ă©poque, ceux
1960connectĂ©s FORUM Vie pratique [Topic Unik] Construire ou rĂ©nover sa maison ; Arrosez vos fondations . Recherche : Sujet(s) Ă lire : - [topikunik] JARDINAGE : vos rĂ©alisations, vos conseils etc. - Cuisinistes - les bons plans | les arnaques - [Bricolage] Le topic du bricolage - âą AmĂ©nagement intĂ©rieur & dĂ©coration âą
Cest le dĂ©but de lâĂšre des grandes surfaces commerciales et la fin des petites Ă©piceries de quartier. Câest Ă©galement lâessor du prĂȘt-Ă -porter et la disparition des petites couturiĂšres. Les enfants du « baby boom » deviennent adolescents puis adultes, ils deviennent Ă leur tour consommateurs
Enplein centre de Paris, entre le Pont-Neuf et le Pont Royal, le projet est une renaissance pour cet ouvrage des années 1960 qui a vu circuler prÚs de 45 000 voitures par jour jusqu'en 2016
Dansles annĂ©es 1960 et 1970, FĂ©lix Mora sillonne en DS le sud du Maroc en quĂȘte de muscles Ă bas coĂ»t pour les mines de la France gaullo-pompidolienne. Dans
SelonJacques Desbarbieux, cette seconde photo de la ferme Pottier, adoptant le mĂȘme point de vue que la prĂ©cĂ©dente, aurait Ă©tĂ© prise le 27 mai 1954.. Bis repetita, le mĂȘme photographe sâest postĂ© au mĂȘme endroit et a utilisĂ© le mĂȘme angle de prise de vue.La ferme est en cours de dĂ©molition. Câest la premiĂšre dâune longue liste des bĂątiments
s50m. Un carnet pour refaire le chemin vers 1938 Câest un autre type de carnet qui mâa Ă©tĂ© confiĂ© dont je vous ai proposĂ© des extraits il y quelques semaines voir dans ce nouveau post. Il nous ramĂšne en amont de la pĂ©riode que nous avons lâhabitude de traiter ici puisquâil date des annĂ©es 30. Nous nous arrĂȘterons aujourdâhui sur lâannĂ©e 1938 qui se tient sur 3 pages. Il est tenu par Germain FaurĂ©. L'Ă©crit est un peu plus bref que les carnets dâEmile - chacun crĂ©ait son outil de travail, outil de mĂ©moire en fonction de son besoin et de ses habitudes - mais dâautres dĂ©tails y figurent sur lesquels il est intĂ©ressant de se pencher. Tous les jours de lâannĂ©e nây sont pas traitĂ©s, la mĂ©tĂ©o nây est pas non plus Ă©voquĂ©e. Il sert beaucoup d'aide mĂ©moire. On y trouve ainsi les mentions des boeufs et des chevaux lorsqu'ils sont ferrĂ©s, les rĂ©glages du semoir. D'autre part, on y trouve aussi l'adresse de professionnels Ă©lectriciens, vendeurs de porcs... Parmi les Ă©vĂ©nements de l'annĂ©e, le creusement et la construction d'un puits sont mentionnĂ©s. Les quantitĂ©s de maĂŻs ainsi que les surfaces dĂ©diĂ©es au fourrage pour la graine sont renseignĂ©es. Enfin comme en 1936, sont notĂ©s tous ceux qui sont venus aider pour les battages notamment. En quelques lignes est ainsi brossĂ© le bilan d'activitĂ© d'une annĂ©e Ă la ferme. Nous reviendrons prochainement sur les cahiers de Germain FaurĂ© pour y dĂ©couvrir d'autres dĂ©tails. Je remercie sincĂšrement Paul Escrieut de me les avoir confiĂ©s pour les partager avec vous. Ce post fait partie de la sĂ©rie sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelĂ© dans ce post-ci Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois cliquer dessus Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catĂ©gorie du blog Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront Ă©galement Ă©crits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.
LES FRANĂAIS EN VACANCES 2/3 - La guerre met un coup dâarrĂȘt au dĂ©veloppement des vacances, malgrĂ© les congĂ©s payĂ©s de 1936. Les Français commencent Ă partir nombreux en vacances seulement dans les annĂ©es 1950. Charles TrĂ©net chante La Nationale 7 tandis quâen 4CV, les vacanciers investissent les retient surtout la date de 1936 lorsque le Front populaire a votĂ© les deux premiĂšres semaines de congĂ©s payĂ©s. ImmortalisĂ©s en photographie, des Français radieux partent en vacances, sautent dans les trains grĂące Ă des prix rĂ©duits pour les congĂ©s annuels» et dĂ©couvrent la mer, souvent pour la premiĂšre fois. Mais ce mythe grossit trĂšs largement la lire aussiVacances vintages la nationale 7 en DS cabrioletComme lâexplique au Figaro lâhistorien AndrĂ© Rauch, professeur Ă©mĂ©rite Ă lâUniversitĂ© de Strasbourg, une large majoritĂ© des salariĂ©s français ont profitĂ© de ces premiers congĂ©s pour retaper» leur intĂ©rieur, pour partir au vert un jour ou deux Ă vĂ©lo sans sâĂ©loigner beaucoup de leur domicile et surtout pour rentrer Ă la campagne retrouver leur famille, histoire de donner le coup de main». En 1936, la civilisation des vacances» - expression de Claude Goguel, auteur dâune enquĂȘte de lâINSEE de 1967 sur les vacances des Français - est loin dâĂȘtre intĂ©riorisĂ©e par les Français. En 1938, il y a lâinflation, puis en 1939, câest la guerre. Ă la libĂ©ration, la situation est difficile. Il y a des tickets de rationnement jusquâen 1949», rappelle lâauteur de lâouvrage Les vacances des Français de 1830 Ă nos Renault 4 CV, moteur des vacances. AFP/AFPLa massification des vacances commence lentement dans les annĂ©es 1950, portĂ©e par la croissance des Trente glorieuses», qui va durer jusquâau premier choc pĂ©trolier, en 1974. Un moment trĂšs important est le lancement de la Renault 4CV, une voiture populaire, la premiĂšre produite en grande sĂ©rie en France», raconte AndrĂ© Rauch. La motte de beurre» - câest son surnom dĂšs son lancement en 1947 - devient rapidement lâun des symboles des congĂ©s payĂ©s et des grandes vacances, beaucoup plus que sa concurrente de chez CitroĂ«n, la 2 CV, dont les dĂ©buts sont trĂšs lents. Avec la pĂ©nurie dâacier, il faut alors attendre trois Ă cinq ans avant de recevoir sa Deuche». La 4CV est lâun des grands moteurs des vacances, mais marque aussi un changement. Dans cette petite voiture, on met les parents, les enfants, mais pas la belle-mĂšre», plaisante AndrĂ© Rauch. Avec la dĂ©mocratisation de la voiture et le dĂ©veloppement des campings, câest le dĂ©but de vacances oĂč parents et enfants dĂ©cident dâaller ailleurs que dans leurs familles», reprend-il plus TrĂ©net chante la Nationale 7Ă partir de la seconde moitiĂ© des annĂ©es 1950, les Français commencent Ă emprunter largement les routes nationales et Ă investir massivement les campings sur les cĂŽtes. Ă lâĂ©tĂ© 1955, sur la route des vacances, ils chantent Nationale 7, le succĂšs estival de Charles TrĂ©net, qui emprunte lui-mĂȘme cette route mythique de 996 km, reliant Paris au sud de la France, pour se rendre dans sa propriĂ©tĂ© de Juan-les-Pins Nationale Sept/Qui fait dâParis un pâtit faubourg dâValence/Et la banlieue dâSaint-Paul de Vence/Le ciel dâĂ©tĂ©/Remplit nos cĆurs de sa luciditĂ©/Chasse les aigreurs et les aciditĂ©s/Qui font lâmalheur des grandes citĂ©s/Tout excitĂ©es/On chante, on fĂȘte/Les oliviers sont bleus ma pâtite Lisette/Lâamour joyeux est lĂ qui fait risette/On est heureux Nationale 7».En deux vagues successives - juillet et aoĂ»t -, toute la France se rĂ©fugie-t-elle pour autant sur la CĂŽte dâAzur? Loin de lĂ , en rĂ©alitĂ©. Il faut relativiser la place de la Nationale 7, il nây a pas quâelle! Pour les parisiens, il y a aussi la cĂŽte Atlantique et celle de la Manche», rappelle AndrĂ© Rauch. La campagne demeure une valeur forte. En 1959, sur les 45 millions de Français, 10 millions partent en vacances lâĂ©tĂ©, 35% choisissant encore la campagne contre 34% la mer. La Nationale 7 est plutĂŽt le signe extĂ©rieur des vacances». Ce qui change fondamentalement, câest la prĂ©fĂ©rence qui est progressivement donnĂ©e Ă lâeau, Ă la mer, alors quâil y avait auparavant un privilĂšge de la terre et de la campagne», explique lâhistorien, qui cite Gaston Bachelard, philosophe auteur de plusieurs essais sur les quatre Ă©lĂ©ments, notamment Lâeau et les rĂȘves et La Terre et les rĂȘveries du des Français sont partis en vacances en 1964, contre 64% en 2017. Service Infographie Le FigaroLa mer dĂ©trĂŽne la campagneAutre changement majeur avec la civilisation des vacances, il faut dĂ©sormais ĂȘtre hĂąlĂ© - bronzĂ©, ce sera pour plus tard... Câest un autre signe extĂ©rieur des vacances. Dans la culture collective, quelquâun qui revient blanc comme un cachet dâaspirine nâa pas pu prendre de vacances», commente AndrĂ© Rauch. Cette prĂ©fĂ©rence pour un teint mĂątinĂ© par le soleil se heurte tant Ă la vieille culture aristocratique quâĂ celle du peuple. Dans la haute sociĂ©tĂ©, jusquâaux annĂ©es 50, tout Ă©tait fait pour ĂȘtre le plus blanc possible. Plus largement, un souci hygiĂ©niste trĂšs ancien est demeurĂ© longtemps. Il fallait Ă tout prix protĂ©ger sa peau du soleil. Les paysans portaient chemises Ă manches longues et chapeaux», prĂ©cise lâhistorien, qui poursuit Dans les dĂ©cennies dâaprĂšs-guerre, nous nous sommes peu Ă peu familiarisĂ©s avec notre corps. On oublie que la salle de bains est une crĂ©ation rĂ©cente. Câest pourtant lâespace domestique oĂč lâon prend soin de soi». Dans ce nouveau cadre, la mer et la plage deviennent le lieu public par excellence de cette nouvelle familiaritĂ© des parenthĂšse enchantĂ©eLes vacances sont alors vĂ©cues comme une coupure radicale dans lâannĂ©e. Pendant onze mois, on travaille ; pendant un mois, on tourne la page. Les vacances sont alors synonymes de dĂ©lassement, de repos. Dans cette civilisation des vacances, on ne faisait pas forcĂ©ment grand-chose. Sâennuyer de temps en temps Ă©tait normal», poursuit AndrĂ© Rauch. Les vacances reprĂ©sentaient ainsi une forme de parenthĂšse enchantĂ©e. Dans les annĂ©es 1960, pendant les vacances, on ne comptait pas. On consommait ce quâon avait Ă©pargnĂ© pendant le reste de lâannĂ©e. Ăa scandalisait les ministres du GĂ©nĂ©ral de Gaulle!», poursuit lâauteur de Les vacances de Français de 1830 Ă nos les ingrĂ©dients sont rĂ©unis pour une victoire triomphale de la civilisation des vacances». AprĂšs les accords de Grenelle en 1968, les salaires ont augmentĂ©. Le SMIG, notamment, a bondi de 35%. Depuis 1936, les deux semaines de congĂ©s payĂ©s se sont Ă©largies Ă trois dĂšs 1956, puis Ă quatre en 1969. Ainsi, cette annĂ©e-lĂ , 45% des Français partaient au moins une fois en vacances dans lâannĂ©e. Ils sont 51%, cinq ans plus tard, en 1974. Plus dâun demi-siĂšcle aprĂšs le dĂ©but de cette civilisation des vacances», quâen reste-t-il? Lâautoroute a remplacĂ© les nationales, lâavion permet dâaller plus loin, les vacances se morcellent, Ă©talĂ©es sur lâannĂ©e. Une autre page de lâhistoire des vacances sâ DĂ©couvrez tous les bons plans et codes promo Ouigo pour voyager moins chers
Ă une demi-heure de MontĂ©limar, quelques centaines de mĂštres avant la commune de Dieulefit, la ferme Blue Soil surplombe la dĂ©partementale Ă flanc de montagnes drĂŽmoises. En achetant cette parcelle il y a deux ans, aprĂšs dix ans de vie entre le Canada, les Ătats-Unis et lâAsie, CĂ©line Basset a Ă©tonnĂ© le voisinage. Câest un terrain qui coche tous les pires critĂšres exposĂ© plein sud et plein vent, en pente donc pas de rĂ©tention dâeau, sol argileux qui a Ă©tĂ© piĂ©tinĂ© pendant des annĂ©es par des chevaux⊠Personne nâen voublait ! CâĂ©tait le âstress-testâ parfait pour trouver des solutions pour faire pousser quand mĂȘme et rĂ©gĂ©nĂ©rer les sols ! ». AprĂšs avoir testĂ© pendant plusieurs annĂ©es les principes de lâaquaponie, un modĂšle oĂč les dĂ©jections de poissons fournissent aux plantes les nutriments dont elles ont besoin, elle expĂ©rimente depuis dĂ©but 2021 un tout autre substrat les urines humaines. Retour sur le parcours atypique dâune femme qui a mis au point de façons totalement empirique un systĂšme qui permet de se nourrir sainement et Ă peu de frais, tout en reinjectant de la vie dans le dĂ©marche empirique dictĂ©e par une nĂ©cessitĂ© manger sain pour pas cherFille dâun gendarme expatriĂ© en Afrique de lâOuest, jusquâĂ ses 11 ans CĂ©line passe des heures Ă jouer dehors, au contact des oiseaux, des reptiles et des insectes. Une pĂ©riode qui fondera son Ă©merveillement et son respect quasi religieux pour le vivant. AprĂšs une adolescence passĂ©e en banlieue parisienne, dans les Yvelines, elle finance ses Ă©tudes supĂ©rieures en Ă©tant rĂ©serviste de gendarmerie les weekends et vacances. Elle obtient un master de recherche en psychologie et neurosciences, et part vivre Ă New-York oĂč elle est prise Ă la prestigieuse NYU. Elle arrĂȘtera quelques mois plus tard par manque dâargent. Câest Ă cette Ă©poque que sa santĂ© se dĂ©grade subitement. Jâai eu de gros soucis de santĂ© en 2014. On mâa diagnostiquĂ© une candidose, câest Ă dire un trop plein dâun champignon quâon a naturellement dans le microbiote intestinal et qui se nourrit de sucre le candida albican. Or je mangeais trĂšs mal Ă ce moment-lĂ . La maladie mâa beaucoup affaibli et jâai perdu 20 kilos ». Un choc doublĂ© dâun burn-out qui pousse CĂ©line Ă rĂ©interroger tous les aspects de sa vie, bien au-delĂ de son alimentation. Alors en situation prĂ©caire, câest par nĂ©cessitĂ© de manger des lĂ©gumes sans pesticide sans se ruiner quâelle crĂ©e ses premiĂšres buttes potagĂšres, Ă lâarriĂšre dâun terrain dĂ©labrĂ© Ă Brooklyn. Ă la mĂȘme pĂ©riode, des amis lui font visiter dans le Colorado de gigantesques fermes hors sol de cannabis mĂ©dicinal, cultivĂ©s sur les principes de lâhydroponie â donc trĂšs gourmandes en eau, en Ă©lectricitĂ© et en engrais chimiques. Une expĂ©rience mois plus tard, elle quitte le continent amĂ©ricain direction lâAsie. La nature me manquait et jâavais trĂšs peu dâargent. Jâai rejoint le Vietnam avec lâidĂ©e de monter une ferme d'agroĂ©cologie ». LĂ -bas, les besoins sont immenses, car les lĂ©gumes coĂ»tent cher et proviennent en majoritĂ© de lâagriculture intensive chinoise. Il faut donc les produire soi-mĂȘme... Mais les sols trĂšs polluĂ©s â notamment Ă lâagent orange â lâobligent rapidement Ă opter pour un systĂšme hors sol, seule option possible pour produire une alimentation saine. Câest donc en plein centre du Vietnam, dans la province de Quang-Nam, quâelle fait ses premiĂšres expĂ©rimentations, avec une poignĂ©e de locaux et quelques volontaires internationaux de passage. Jâai repris certains principes de lâaquaponie, en travaillant avec des poissons, sauf que je ne les vendais pas, je conservais le cheptel pour conserver une stabilitĂ© microbienne et par refus dâexploiter les animaux ». Pendant trois ans, elle analyse le PH, les tempĂ©ratures et teste diffĂ©rentes solutions le circuit de tuyaux, les dosages, la vitesse de circulation de lâeauâŠ. Les rĂ©sultats sont lĂ la microferme produit de dĂ©licieux lĂ©gumes pour elle et la poignĂ©e de locaux qui travaille Ă ses cĂŽtĂ©s. Rapidement, elle se met aussi en tĂȘte de trouver des solutions pour rĂ©gĂ©nĂ©rer les sols pauvres et polluĂ©s. Jâai commencĂ© Ă injecter des petites quantitĂ©s dâeau du systĂšme hors sol dans la terre environnante, car elle Ă©tait chargĂ©e de bonnes bactĂ©ries et vierge de tout polluant ». En parallĂšle, CĂ©line se forme alors en autodidacte en lisant des articles de recherche et en regardant des vidĂ©os de vulgarisation scientifique sur Internet. Câest Ă cette Ă©poque quâelle dĂ©couvre les thĂ©ories â contestĂ©s par une partie importante du monde agronomique actuel â de lâagronome français Claude Bourguignon et de la microbiologiste amĂ©ricaine Elaine Ingham. Pour eux, il nây a pas de sols pauvres tous les sols sont riches en nutriments, stockĂ©s lĂ depuis des millĂ©naires. Ce qui leur manque, câest la clĂ© de dĂ©chiffrement qui rend ces nutriments assimilables par les plantes â donc biodisponibles. Câest ça, la microbiologie, câest le vecteur qui fait la jonction entre les deux ». Ces techniques d'ensemencement des sols, testĂ©es au Vietnam puis perfectionnĂ©es par la suite en Birmanie, seront validĂ©es par un comitĂ© dâexpert qui permettra Ă CĂ©line dâobtenir la dĂ©livrance dâun brevet Ă lâInstitut national de la propriĂ©tĂ© intellectuelle INPI en 2021, aprĂšs trois ans de retour en France des poissons aux urines humainesEn 2018, la jeune femme ressent le besoin de se rĂ©enraciner en France. Elle choisit la DrĂŽme, et cette parcelle en pĂ©riphĂ©rie de Dieulefit dont personne ne veut. Avec ses cheveux Ă©bĂšnes lĂąchĂ©s, dĂ©bardeur et lunettes de soleil les trois quarts de lâannĂ©e, sa voix qui porte et son franc-parler, elle fait parfois lâeffet dâune petite tornade. Sa chaĂźne Youtube, oĂč elle raconte les expĂ©rimentations quâelle mĂšne, les difficultĂ©s quâelle traverse, les objectifs quâelle se donne, ne fait pas forcĂ©ment lâunanimitĂ© dans le monde agricole, plutĂŽt du genre taiseux. Mi- paysanne », mi- chercheuse-autodidacte » comme elle se dĂ©crit parfois, dĂ©colletĂ©s et rouge Ă lĂšvres, elle attire rĂ©guliĂšrement les critiques ou remarques sexistes. Mais la jeune femme reste concentrĂ©e sur ses objectifs construire des solutions alternatives pour les agriculteurs, partager ses erreurs et ses succĂšs, Ă©veiller des vocations chez les actifs non agricoles... Ă quelques enjambĂ©es sous la fenĂȘtre de sa chambre, se dresse le cĆur de son dispositif une serre gĂ©othermique sortie de terre dĂ©but 2020, quâelle a construite Ă lâaide dâune soixantaine de bĂ©nĂ©voles. Le bĂątiment de 15 mĂštres de long sur 5 mĂštres de large, coiffĂ© dâun toit en polycarbonate, combine des principes bioclimatiques â exposition plein sud, pan nord semi enterrĂ© et low tech, murs conçus avec la mĂ©thode earthship ». Le tout lui a coĂ»tĂ© autour de 20 000 euros. Un investissement qui semble important au regard des 480 assiettes vĂ©gĂ©tales produites par an, mais qui est liĂ© aux caractĂ©ristiques exceptionnelles de la serre. Jâai voulu quâelle dure dans le temps, contrairement aux serres en plastique blanc qui ne rĂ©sistent pas aux intempĂ©ries, et que ses coĂ»ts de fonctionnement soient rĂ©duits au minimum ». Aujourdâhui, sa facture dâĂ©lectricitĂ© mensuelle tourne autour de 30âŹ. GrĂące Ă tout cela, ses lĂ©gumes poussent pratiquement toute lâannĂ©e, sauf quelques semaines en dĂ©cembre ou janvier MĂȘme quand on a eu -10°C avec lâĂ©pisode de gel du mois dâavril 2021, ça nâest jamais descendu en dessous de +6°C dans la serre ! ».Un dispositif unique en son genre qui comprend trois Ă©tapes. La premiĂšre une cuve de plusieurs milliers de litres dâeau, qui accueille l'eau de pluie et les diffĂ©rentes sources de nutriments testĂ©es â hier des dĂ©jections des poissons, aujourdâhui des urines humaines et demain... peut-ĂȘtre autre chose. Lâeau riche en nutriments rejoint ensuite un rĂ©seau de bidons dans lesquels CĂ©line cultive les prĂ©cieux micro-organismes. Le tout se jette ensuite dans la derniĂšre Ă©tape du dispositif six rangĂ©es de tuyaux en PVC gris courant Ă hauteur dâhomme. Chaque plant y est dĂ©posĂ© dans de petits godets passoires » garnis de billes dâargiles, de sorte que ses racines sont immergĂ©es en permanence. Basilic, salades, tomates, Ă©pinards⊠Ils y resteront de quelques semaines Ă plusieurs mois, selon leur vitesse de croissance et lâoption choisie par CĂ©line de les re-planter en terre dans le champ-prairie adjacent. Une petite pompe Ă©lectrique crĂ©e un courant artificiel dans le circuit fermĂ©, pour Ă©viter l'eau stagnante et oxygĂ©ner le liquide â car lâoxygĂšne est indispensable Ă la prolifĂ©ration de certaines bonnes a dĂ©finitivement abandonnĂ© les poissons » dĂ©but 2021 car le modĂšle Ă©tait trop coĂ»teux, pas assez rĂ©silient » et fondĂ© sur l'exploitation animale ». Et cela faisait quelques temps quâelle souhaitait tester un protocole Ă base dâurines humaines. Depuis, elle alimente donc chaque jour sa cuve avec ses propres urines et celles de Fabien, bĂ©nĂ©vole Ă la ferme, ce qui les oblige Ă respecter une hygiĂšne de vie assez stricte On mange bio et Ă©quilibrĂ©, pas de viande industrielle nourrie aux antibiotiques, pour nous pas de traitement hormonal comme la pilule, pas de mĂ©dicaments, et Ă©videmment pas de tabac ni dâalcool ». RĂ©sultat le prĂ©cieux liquide obtenu ne contient pas de polluants â Ă sa connaissance, et est riche en azote, phosphore, potassium et autres micro-nutriments indispensables Ă la bonne santĂ© des plantes comme des ĂȘtres ce concept, oĂč lâalimentation de qualitĂ© produit des urines qui, combinĂ©es Ă des microorganismes, rĂ©gĂ©nĂšrent les sols et produisent Ă nouveaux des lĂ©gumes de qualité⊠CĂ©line a lâimpression dâavoir re-dĂ©clenchĂ© un cercle vertueux Ă tous les niveaux. Ăcologique, bon pour la santĂ©, Ă©conomique... Le pipi câest gratuit, accessible Ă tous, partout, tout le temps, il nây a pas besoin de le faire venir du bout du monde et a priori, il est plutĂŽt Ă lâabri du risque de pĂ©nurie ! », sourit-elle. Dans le futur, CĂ©line Basset aime Ă penser que les grandes exploitations qui Ă©puisent le vivant auront disparu au profit dâune multitude de petites fermes, comme le prĂŽne son ami StĂ©phane Linou, ancien conseiller dĂ©partemental de lâAude et pionnier des questions de rĂ©silience alimentaire. Demain, si on a des petites unitĂ©s un peu partout, en ceinture des villes, tout le monde sera plus rĂ©sistant en cas de crise, car si un point est hors service, ceux dâĂ cĂŽtĂ© prendront le relais » explique-t-elle. Une solution Ă grande Ă©chelle ? La consommation des engrais azotĂ©s de synthĂšse a Ă©tĂ© multipliĂ©e par neuf depuis 1960 » et cette surconsommation est un dĂ©sastre Ă©cologique, social et Ă©conomique » rappelaient une soixantaine dâagronomes et agriculteurs dans [lien] une tribune [lien] publiĂ©e dans Le Monde en avril 2021. Il est donc urgent de trouver un substitut, et les urines humaines sont un candidat Martin, chercheur Ă lâInstitue national de recherche pour lâagriculture, lâalimentation et lâenvironnement Inrae, travaille depuis quatre ans sur lâusage agricole des urines. LâexpĂ©rimentation Agrocapi entamĂ©e en 2018 sur le plateau de Saclay, dans les Yvelines, a dĂ©jĂ dĂ©montrĂ© son intĂ©rĂȘt sur diffĂ©rents types de cultures cĂ©rĂ©aliĂšres comme le blĂ©, le colza et le maĂŻs grain. Mais pour le chercheur, bien des obstacles subsistent encore Ă lâutilisation des urines comme fertilisant agricole. Dâabord, les urines ne sâinscrivent dans aucun cadre rĂ©glementaire Ă lâheure actuelle, il est donc trĂšs compliquĂ© pour les agriculteurs dây recourir lĂ©galement, y compris dans le bio, car elles ne font pas partie des engrais autorisĂ©s. Ensuite, les urines sont souvent polluĂ©es par lâalimentation et le mode de vie de ceux qui les produisent. Câest lâinquiĂ©tude qui revient le plus chez les agriculteurs » prĂ©cise Tristan Martin. Se pose Ă©galement un problĂšme matĂ©riel trĂšs concret celui des rĂ©servoirs des tracteurs dâĂ©pandage, qui ne sont pas du tout adaptĂ©s aux volumes des urines Elles sont beaucoup moins concentrĂ©es en azote que les engrais de synthĂšse, donc il faudrait que les tracteurs aillent se rĂ©approvisionner des dizaines de fois, ou installer des rĂ©servoirs beaucoup plus grands, ou trouver un moyen dâisoler lâazote des urines ». Note sur ce dernier point, lâentreprise suĂ©doise Sanitation 360 travaille dĂ©jĂ sur un procĂ©dĂ© de solidification de l'azote de l'urine ; et l'entreprise girondine TOOPI Organics est en phase de test auprĂšs d'agriculteurs d'un engrais naturel ultra concentrĂ© Ă base de bactĂ©ries cultivĂ©es dans l'urine deux procĂ©dĂ©s qui pourraient permettre un Ă©pandage plus adaptĂ© au matĂ©riel agricole actuel. Enfin, reste la question des investissements considĂ©rables quâil faudrait engager pour installer un peu partout des toilettes Ă sĂ©paration â qui permette de rĂ©colter les urines seules â et surtout, mettre en place un systĂšme de collecte et de traitement des urines, partout dans le pays. Du cĂŽtĂ© de Dieulefit, CĂ©line Basset garde l'Ćil ouvert sur ces expĂ©rimentations Ă plus grande Ă©chelle mais Ă©met des rĂ©serves. Vouloir remplacer les engrais azotĂ©s de synthĂšse par les urines, ça va dans le bon sens, mais ça ne rĂ©sout pas le problĂšme qui est que, pour assimiler lâazote, les plantes ont besoin de clĂ©s microbiologiques. Câest ce que je fais avec mes protocoles dâensemancement en deux ou trois ans, je rĂ©active la microbiologie du sol et par la suite, plus besoin dâengrais azotĂ©s, il nây a plus quâĂ laisser faire les sols ! ». Mais pour que cela fonctionne, ce nâest pas juste un ajustement de loi, dâhabitude ou de matĂ©riel quâil faut entreprendre. Câest une refondation totale du modĂšle agricole actuel Retrouver des parcelles Ă taille humaine, sans pesticides, engrais ni mĂ©canisation, oublier la monoculture, couvrir les sols, revenir aux principes de base de la permaculture et du maraĂźchage sur sol vivantâŠÂ» Bref. Tout remettre au service du vivant ».Soutenez SocialterSocialter est un mĂ©dia indĂ©pendant et engagĂ© qui dĂ©pend de ses lecteurs pour continuer Ă informer, analyser, interroger et Ă se pencher sur les idĂ©es nouvelles qui peinent Ă Ă©merger dans le dĂ©bat public. Pour nous soutenir et dĂ©couvrir nos prochaines publications, n'hĂ©sitez pas Ă vous abonner !S'abonnerFaire un don
la vie Ă la ferme en 1960