🌬️ Poésie Bonne Année Que Nous Apporteras Tu
Débutd’année en découverte du monde. 3 septembre 2009 par JR. Pour inaugurer mon cahier de découverte du monde, dans la rubrique du Vivant, je donne à mes CP en début d’année cette petite fiche pour se présenter simplement, et suivre son évolution (taille et poids) pendant l’année.
Poésiebonne année tristan derème : Plus de 30 modèles et idées de textes de vœux pour souhaiter une bonne année 2022 , messages pour cartes, poésie et sms. Place à ceux de la nouvelle année, c'est à dire aux voeux, que je vous propose de souhaiter en poésie. Il y a celle pour souhaiter une bonne année et celles sur les
Lireet écrire la poésie: des poètes de renom et de divers horizons font des recommandations sur l'enseignement de la poésie dans les établissements de niveau secondaire Personne auteur : Halperin, Richard W. Code du document : ED.2005/WS/10 Collation : 73 p. Langue : Français Aussi disponible en : English Aussi disponible en :
Avantla tombée de la nuit, tu as parcouru le monde , Tu nous apportes l’écho des horizons de la vie. De toutes ses mains usées par le travail , des luttes et des victoires. Ton appel semblable à la lumière sans entrave. des rayons de l’aube. Transi et fouetté par la tempête , tu es le feu qui nous réchauffe.
Poésiebonne année de fabienne berthomier poésie thème nouvel an/hivervoici une petite vidéo qui t’aidera à apprendre la poésie (poème) . Idée petit texte de voeux original et poétique. Poème de bonne année voici le temps de rédiger vos voeux pour l’arrivée de la nouvelle année ! French poem ⭐ bonne année by rosemonde gérard ⭐ i hope this video
Bonneannée 2020 ! Non, il n'y a pas de faute de frappe dans le titre ou ailleurs Kronik de nouvelle année. Ah ! Si j'avais su il y a un an
Nouvelleannée, que nous apporteras-tu ? Dès l’instant où tu choisis d’être joyeux, Appelle tes amis et joue avec eux. Ouvre-leur ton cœur et toute l’année Je te promets que vous serez heureux. Fabienne Berthomier Bonne année ! Nouvelle année, année nouvelle, Dis-nous, qu'as-tu sous ton bonnet ? J'ai quatre demoiselles
Motsd’en-faon . Voici des mots pour vous, ce matin, recueillis aux pieds d’un saule-pleureur : « Maman maman, l’arbre a des cheveux ! ». Et encore ces mots, tombés des poches d’un étourneau, perdu au coeur d’une nuée : « Maman, il pleut des oiseaux ! ». Ces mots se sont envolés des lèvres de ce petit garçon-poète. .
Bonneannée 2022! Pour vous, grand-mère, je veux dire que l'année prochaine sera amusante, pleine de santé, de joie et de bonnes minutes! Toute la tristesse et le chagrin seront pris avec l'année sortante, et l'année à venir donnera des sourires et de la joie! Bonne année! Mamie, tes mains gentilles et chaleureuses sont les plus
tozEKI. Je voudrais te dire de venir me voir chez moi aujourd’hui à 18h00, mais tu dois prendre le dessert car je suis partie toute l’après-midi. Léa Je veux pouvoir partir prendre une voiture qui voit venir les méchants. Lalie Je voudrais partir voir la tour Eiffel pour pouvoir prendre le train et je veux que tu viennes. Corentin Je veux voir des flamants roses qui viennent prendre une tasse de café et qui peuvent partir très haut dans le ciel. Maxence Pouvoir partir loin d’ici prendre ses amis avec nous viens avec moi voir les oiseaux vouloir voler. Manon Je veux pouvoir partir et venir à New York et prendre dans mes mains la statue de la liberté. Mathis J’aimerais partir pour prendre l’air, venir en Amazonie pouvoir m’exprimer et vouloir le bonheur .Tifenn Je veux partir à Port Aventura pour pouvoir voir le parc et prendre des cadeaux et venir chez des amis à Barcelone. Phoeby. Prendre son sac, voir l’horizon, pouvoir se reposer, partir en vacances, vouloir visiter et venir en profiter ! Damien. Je voudrais partir pour voir venir l’avenir et prendre ma vie en mains. Djoty Je pars et je demande à mon ami de venir avec moi, il veut son goûter, on part dans la forêt et on voit une très belle végétation, on prend des champignons et il me lance un défi, je lui dis Je peux le faire. » Thibault Pouvoir rire Partir loin d ici Prendre le bateau Venir à Paris Voir tout le monde Vouloir revenir. Camille Je pars en Vendée pour voir ma tante pouvoir lui dire joyeux anniversaire lui faire un cadeau. Agathe Dessin d’Agathe Je voudrais pouvoir venir avec vous pour prendre le bateau et venir voir les singes. Aubin Je veux pouvoir dormir et voir le temps qui partira prendre le large. Jordan Posté le mercredi, 18 février 2015 à 23 h 50 min dans Nos textes. Vous pouvez retrouver les réponses à cette entrée avec le RSS Vous pouvez laisser une reponse, ou trackbacker de votre site.
Conjugaison Réciter de suite les différents modes d'un verbe avec tous leurs temps, leurs nombres et leurs personnes, cela s'appelle conjuguer; et la conjugaison d'un verbe comprend toutes ces parties mises en ordre. Traité de la conjugaison des verbes ...De E. A. Lequien Conjuguer le verbe apporter Saisissez l'infinitif ou une forme conjuguée du verbe que vous cherchez. Conjugaison du verbe apporter à tous les tempsindicatif, subjonctif, impératif, infinitif, conditionnel. Tableau des conjugaisons du verbe apporterConjugaison du verbe apporter à l'indicatif - Conjugaison du verbe apporter au conditionnel - Conjugaison du verbe apporter au subjonctif - Conjugaison du verbe apporter à l'impératif - Conjugaison du verbe apporter à l'infinitif - Conjugaison du verbe apporter au participe présent et passéComment conjuguer apporter ? Le verbe apporter IndicatifPrésent j'apporte tu apportes il apporte nous apportons vous apportez ils apportent Imparfait j'apportais tu apportais il apportait nous apportions vous apportiez ils apportaient Futur j'apporterai tu apporteras il apportera nous apporterons vous apporterez ils apporteront Passé simple j'apportai tu apportas il apporta nous apportâmes vous apportâtes ils apportèrent ConditionnelPrésent j'apporterais tu apporterais il apporterait nous apporterions vous apporteriez ils apporteraient SubjonctifPrésent que j'apporte que tu apportes qu'il apporte que nous apportions que vous apportiez qu'ils apportent Imparfait que j'apportasse que tu apportasses qu'il apportât que nous apportassions que vous apportassiez qu'ils apportassent ImpératifPrésent apporte apportons apportez ParticipePrésent apportant Passé apporté apportés apportée InfinitifPrésent apporter La conjugaison des verbes est une des principales difficultés de la langue française. Consultez les verbes français pour trouver facilement la conjugaison. Ce dictionnaire de la conjugaison s'adresse à tous ceux qui veulent conjuguer correctement tous les verbes de la langue française. Définition & citation apporter Citation apporter Conjugaison du verbe apporter définition Rapporter définition Apporter Top conjugaison des verbes + Autres verbes ayant la même conjugaison que apporter plébisciter enucléer sniffer déséchouer déculotter familiariser cancaner vacciner liquéfier inclinerComment conjuguer le verbe apporter ? Avec plus de 8000 verbes conjugués à tous les temps, la conjugaison et l'ensemble des verbes n'auront plus de secrets pour vous. Conjuguez tous les verbes de la langue française, y compris les verbes irréguliers. Vous doutez d'une conjugaison d'un verbe ? ou du tableau de conjugaison du verbe apporter ? Testez vos connaissances de conjugueur !
Reminder of your requestDownloading format TextView 1 to 363 on 363Number of pages 363Full noticeTitle L'Année des poètes avec six pages d'autographes, deux poésies inédites d'Alfred de Musset et une préface de Frédéric Mistral / morceaux choisis, réunis par Charles FusterPublisher ParisPublication date 1892Contributor Fuster, Charles 1866-1929. Éditeur scientifiqueRelationship textType printed serialLanguage frenchLanguage FrenchFormat Nombre total de vues 3329Description 1892Description 1892 VOL3.Rights Consultable en ligneRights Public domainIdentifier ark/12148/bpt6k5440715xSource Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-YE-2682Provenance Bibliothèque nationale de FranceOnline date 23/09/2008The text displayed may contain some errors. The text of this document has been generated automatically by an optical character recognition OCR program. The estimated recognition rate for this document is 100%.Troisième Volume, L'Année des Poètes MORCEAUX CHOISIS REUNIS PAR CHARLES FUSTER Avec quatre pages d'autographes, des dessins, des portraits et des notices bibliographiques. AU " SEMEUR " 92, BOULEVARD DE PORT-ROYAL, 92 PARIS L'ANNÉE DES POÈTES Pour tous renseignements concernant l'Année des Poètes, les ouvrages de ses collaborateurs, etc., s'adresser à M. CHARLES FUSTER, boulevard de Port-Royal, 92, à Paris. OUVRAGES DE M. CHARLES FUSTER POÉSIE L'AME PENSIVE 2e édition . 3 frsLES frsLES 2e édition 4 » POÈMES 2e édition 4 » L'AME DES CHOSES 40 édition 4 » LE SIÈCLE FORT » 50 LA DENTELLIÈRE DE BRUGES » 50 LE COEUR 4° édition 4 » PROSE CONTES SANS PRÉTENTION 250 ESSAIS DE CRITIQUE 3e édition. 3 5° ART ET PATRIOTISME 50 LES POÈTES DU CLOCHER [édition de luxe 10 » — — 4e édition , 6 » L'AMOUR DE JACQUES 7e édition 3 » L'ANNÉE DES POÈTES PREMIER VOLUME 1890 Avec six pages d'autographes, deux poésies inédites d1 ALFRED DE MUSSET et une préface de FRÉDÉRIC MISTRAL. PRIX 10 FRANCS Il ne reste plus que quelques exemplaires. L'ANNÉE DES POÈTES DEUXIÈME VOLUME 1891 Avec six bages d'autographes, une page dé dessins, et des notices biographiquenés. PRIX 10 FRANCS Troisième Volume. L'Année des Poètes MORCEAUX CHOISIS RÉUNIS PAR CHARLES FUSTER Avec quatre pages d'autographes, des dessins, des portraits et des notices bibliographiques. AU " SEMEUR " 92, BOULEVARD DE PORT-ROYAL, 92 PARIS DESSIN DE SOULARY DESSIN DE SOULARY ecteur et ami, voici notre troisième voA voA comme aux précédents, — comme aux suivants sans doute, — on reprochera de n'être pas complet. Nous n'avons guère pu ni voulu puiser dans les oeuvres de certaines écoles, auxquelles s*appliquent trop bien ces vers-, écrits il y a trois siècles, par le poète Maynard Ce que ta plume produit Est couvert de trop de voiles ; Tes discours sont une nuit, Veuve de lune et d'étoiles. Mon ami, chasse bien loin Cette noire rhétorique Tes ouvrages ont besoin D'un devin qui les explique. Si ton esprit veut cacher Les belles choses qu'il pense, Dis-moi, qui peut t'empêcher De te servir du silence ? 6 L'ANNÉE DES POÈTES. A cette époque de trouble intellectuel, nous tenons pour un devoir de mettre surtout en lumière les auteurs, peu prisés de leurs contemporains, qui parlent encore français, et n'abandonnent pas les thèmes éternels, les sources vives de lapoésie. Nous rappelons d'ailleurs, une fois encore, que /'ANNÉE DES POÈTES n'a nullement la prétention d'être une anthologie, un recueil de chefs-d'oeuvre, mais bien un choix de matériaux pour l'anthologie future, et un moyen de tenir ses lecteurs au courant de la production actuelle. Moins que jamais nous y devions renoncer, alors que 1892 a vu le succès retentissant d'un drame romantique, un retour toujours plus marqué vers des poètes comme Lamartine, et, à propos de la statue Baudelaire, des luttes d'idées, des polémiques dont le ton même attestait la vitalité de notre amour des lettres. En lisant l'ANNÉE DES POÈTES de 1892, on y remarquera quelques améliorations. Nous y avons fait la part plus large aux notices, aux citations que ces notices renferment; quelques dessins, — dus au crayon de deux poètes, Soulary et fos Parker, — et deux portraits complètent le recueil. Nous y avons mis, également, des vers, inédits ou peu connus, de poètes morls dans Vannée, et de deux autres plus anciens, mais remarquables à des titres divers, Hippolyte Lucas et Louis Bouilhet. UN TOÈTE DE CHEVET Les jeunes hommes de ma génération, qui naissaient quand Sully Prudhomme publia ses premiers vers, se sont habitués à voir en lui, plus encore qu'en Musset, le poète de l'amour. Amour moins passionné, mais plus tendre; moins orageux, mais tout en nuances ; amour un peu malade, amour exquis, et au charme duquel aucun de nous ne s'est soustrait. Plus d'un, adolescent, a imité Sully Prudhomme en des vers où il exagérait sa manière rimeurs ou non, Sully Prudhomme nous a tous initiés à la vie sentimentale, telle qu'il l'eut ou la rêva, et — nous l'avons compris depuis, —telle que l'ont fort peu d'hommes. On a beaucoup accusé notre génération de se complaire dans les raffinements moraux. L'influence de Sully Prudhomme y est pour plus qu'on ne le croit. Chacun de nous, vers seize ans, recherchait les jeunes filles aux yeux fatigués, les femmes pâlies; malgré les troubles de l'âge ardent, peut-être à cause de ces troubles, chacun exagérait encore les scrupules et les jalousies d'amitié, les extases de l'amour platonique. Que la jeune fille se mariât, que la jeune femme allât dans les bras d'un autre, nous nous en consolions, — après combien de larmes, au petit jour, dans l'étroite couchette de fer! — en répétant l'adorable piécette Si je pouvais aller lui dire. Nous ne voulions pas des caresses Les caresses ne sont que d'inquiets transports... Parfois, même, nous préférions les liaisons plus lointaines encore, les lettres intimes qu'on échange avec un être mystérieux, dont la féminité se trahit à peine par l'odeur discrète de la verveine embaumant le papier. Qui sait? peut-être, tout au fond, les grands garçons que nous fûmes, auraient-ils préféré mener le dialogue 8 L ANNEE DES POETES. de plus prés; mais ils se rappelaient le prologue des Vaines Tendresses Le vrai de Vamitié, c'est de sentir ensemble; Le reste en est fragile épargnons-nous l'adieu. J'ai l'air de plaisanter, de railler n'est plus loin de ma pensée. Je suis fâché contre moi-même, fâché de ne plus retrouver en moi tant de pensées, de sentiments, de principes même que nous eûmes, et qui étaient délicats, purs exquisement. Devinant combien elle est fragile à caresser, l'épousée au front diaphane », nous tenions pour un devoir d'adopter le célibat; nous osions la rêver à peine, comme la dernière volupté de toutes, cette solitude où voltige un baiser »; et quel infini dans nos regards, au milieu du cercle d'amis, au crépuscule, quand les jeunes filles frissonnaient un peu sous la nuit imprévue, qu'elles se prenaient à soupirer, — pour d'autres que nous, — et que nous leur récitions, à voix rythmique et monotone Mais, fidèle, toujours l'attendre, Toujours l'aimer l Hélas! la vie est venue. Celles qui nous inspiraient une dévotion si respectueuse, la vie leur a fait connaître, — souvent avec brutalité, — des réalités peu romanesques elles sont devenues femmes, sont devenues mères, et ont pu constater qu'après la cérémonie nuptiale, dans l'existence à deux, même après la naissance de Bébé, dans l'existence à trois, cela ne se passe pas précisément comme chez les poètes élégiaques. Nous avons fait les mêmes constatations, et elles ont été plus pénibles, car elles nous ont forcés à en faire d'autres sur nous-mêmes. Nous avons dû reconnaître, avec la déroute dans le coeur, et je ne sais quoi de fuyant dans les yeux, que nous n'étions pas dignes de notre idéal. Peu d'années ont passé; tout a changé de ce qui fut nous ; je ne dis pas que nous souffrions davantage, car jamais nous n'eûmes tant de mélancolie qu'en errant sous une saulaie, à seize ans, avec les demoiselles » de vingt ou L'ANNÉE DES POÈTES. 9 de vingt-deux, et en leur parlant d'amour pur... Ah ! le bon temps où nous étions si malheureux! C'est de ne plus savoir l'être, — l'être ainsi, — que nous avons ce je ne sais quoi, cette petite honte dans le regard. Et je n'osais plus relire mon Sully Prudhomme. J'ai lu depuis, sur l'amour, bien des pages qui étaient tout juste le contraire des siennes. Si vous m'en demandez mon avis sincère, je crois qu'elles ne sont pas plus vraies. Ni bête, ni ange » le proverbe a raison. Ange, — j'aimerais mieux cela que bête. Et, franchement, la bête seule parle dans cinq cents de nos livres. Cela fait cinq cents livres de trop. J'en cherchais un, — un livre de poète, — qui me donnât la vérité de la vie amoureuse. J'y aurais voulu trouver tant de sensations et de sentiments mêlés, tant de nuances ou de grands éclats, les tressaillements pour une main qui vous frôle, le souvenir persécutant d'une étoffe ou d'un parfum, l'exquise pression, sur vos lèvres, de doigts qui vous disent Silence », — les causeries ou les ivresses, la veilleuse discrète, qui semble une amie protégeant votre bonheur sans le regarder, et ce je ne sais quoi de grave, presque de religieux, qu'inspire la félicité suprême. Que d'autres choses encore ! Tout ce qui fait une vie à deux, je le cherchais de page en page; et j'en ai beaucoup trouvé dans les Heures d'amour. L'auteur des Heures d'amour ? Il naquit à Rennes, en 1807, mourut à Paris, en 1878, fut critique, dramaturge, historien, conteur, bibliothécaire de l'Arsenal, et, sa vie durant, fit oublier, oublia lui-même qu'il était un poète. Il popularisa les vers d'autrui, et négligea de publier les meilleurs d'entre ses propres vers. Lorsqu'il disparut, on le pleura, parce qu'il était bon, et quelques-uns le relurent, parce qu'en cinquante ans de vie littéraire, il avait dit cinquante mille choses intéressantes. Mais ses Heures d'amour, déjà bien anciennes, demeuraient dans la pénombre; quant aux poésies posthumes, griffonnées çà et là, sur quelque coin de carnet, elles eussent péri, si le fils d'Hippolyte Lucas n'avait été un bon fils, surtout 1 10 L'ANNÉE DES POETES. un délicat lettré. Car, bon fils, il eût pu encore, même par piété, faire de mauvaise besogne; lettré délicat, il a mis du tact dans l'admiration, et bien mérité de nous tous. Il reprit les Heures d'amour, qui dataient du romantisme ; il leur adjoignit les plus remarquables d'entre les poésies posthumes; il mena, pour le succès de ce recueil, une véritable croisade; il put conquérir le suffrage des meilleurs esprits savez-vous ce que je lui souhaite ? D'arriver à tant répandre ce petit livre, que désormais, amants satisfaits ou amoureux repoussés, tous le lisent et toutes, pour apprendre que la grande chose d'ici-bas est encore l'amour. Repoussé, leur dira-t-il, on doit conserver précieusement son amour, parce que la souffrance d'aimer est douce ; satisfait, on doit le conserver plus précieusement, en entretenir le feu, parce que son départ vous laisserait sans raison d'être, avec l'effarement de l'irréparable. Et cette leçon d'amour, qui, n'en déplaise à quelques-uns, est une leçon très morale, très noble, le recueil d'Hippolyte Lucas a encore ce mérite de la donner en des vers mi-païens, mi-chrétiens, un peu sensuels, un peu éthérés, alternant entre la passion et la tendresse, comme nous tous, et vrais comme la vie. Pas une note de l'amour qui n'ait vibré ; qu'une de ces notes manquât, la gamme tout entière eût été fausse ; vous pouvez y toucher, — vous verrez qu'elle est juste. Un poème, — car, au moins autant que la Marie de Brizeux, les Heures d'amour forment un poème suivi, — un poème de ce genre, disions-nous, renferme bien des nuances intermédiaires, mais surtout deux étapes sentimentales, deux notes auxquelles les autres peuvent se ramener. Chacune de ces notes ayant été, depuis que le monde est monde, touchée déjà par un poète principal, les Heures d'amour, avec leur contraste entre la molle volupté et l'intimité méditative, devraient donc éveiller en nous le souvenir de deux poètes. C'est Sully Prudhomme, et c'est Chénier. L'ANNÉE DES POÈTES. II Pour Chénier, cela saute aux yeux ». Lisez des pièces comme Noire Musée vous retrouverez, dans Hippolyte Lucas, quelque chose du précurseur des poètes modernes. Ce qui me frappe davantage, c'est de voir, en Hippolyte Lucas lui-même, un précurseur visà-vis de Sully Prudhomme. Ils n'ont, certes, pas le même tempérament. Nous devinons combien Sully Prudhomme a travaillé ses moindres strophes. Beaucoup de ses vers parlent de la lime, sentent l'huile ; les plus aisés ont encore exigé un effort persistant, minutieux, auquel nous devons des oeuvres parfaites, mais nullement spontanées. Hippolyte Lucas, au contraire, eut le sens de la mélodie facile. Il a écrit, à mille reprises, des vers pour la musique; le livret de Lalla-Rouck, par exemple, est de lui. A tout instant il trouve des vers comme celui-ci Vous partez, et tout va mourir... J'ai cité ce vers, et je ne sais trop pourquoi. Il a, par centaines, ses pareils, — jaillis tout simplement, sans trace d'effort, et nous donnant ce plaisir de l'admiration, — non, — du charme sans fatigue. Admiration est un trop gros mot; c'est plutôt le charme que nous subissons, quand nous lisons des pièces comme celle-ci. Tâchez de l'apprendre par coeur; je la tiens pour inimitable, car elle a été écrite par un amant qui se souvenait, et qui ne songeait même plus à être artiste, tant il restait amant OH ! COMME TU SAVAIS AIMER ! le souvient-il du laurier-rose ? Oh ! comme tu savais aimer ! Ma lèvre était près d'exprimer Le suc de la fleur fraîche éclose Oh! comme tu savais aimer! C'est la mort que ta lèvre touche. » Oh ! comme tu savais aimer ! La mort ! » et, prompte à t' alarmer, 12 L'ANNÉE DES POÈTES. Tu ravis la fleur sur ma bouche. Oh! comme tu savais aimer ! J'entends encor ta voix qui tremble Oh ! comme tu savais aimer ! Même tombe doit enfermer, Disais-tu, nos deux coeurs ensemble. » Oh ! comme tu savais aimer ! Ailleurs, — dans O mon amour ! par exemple, — vous trouverez tel distique mauvais, tel vers fait trop vite, mais aussi cette sincérité dans l'émotion, cette pénétration d'une caresse douloureuse, cette pureté par lesquelles le poète des Heures d'amour est le frère de Sully Prudhomme. Or, à ce moment-là, Sully Prudhomme n'avait rien publié, rien écrit; lorsqu'il écrivit et publia, il n'avait point lu Hippolyte Lucas; et c'est hier, seulement, que nous lui avons découvert ce précurseur. J'ai dit en quoi ils différaient je ne prétends pas, non plus, les mettre à égalité. Sully Prudhomme sera considéré, dans un siècle, comme un des quatre ou cinq, sinon des deux ou trois grands poètes du nôtre; Hippolyte Lucas, dans une existence dispersée, fut poète, mais ne se laissa l'être que de temps à autre, en distillant une simple goutte, et en ne l'enchâssant pas toujours, — sauf à la fin de sa vie, — dans l'or solide d'une forme sans alliage. La gloire de Sully Prudhomme ne peut prendre ombrage de cette réputation ressuscitée. Cela ne fait qu'un poète de plus pour enrichir notre histoire littéraire, et un ami, un livreconfident à garder au chevet de notre lit. Nous lui resterons fidèles, parce qu'il ne fut point un abstracteur de quintessence. Il n'a pas, comme on le fait aujourd'hui, reculé devant les motifs éternels lisez Encore le Printemps, par exemple, et vous verrez que ce n'est pas neuf; seulement, comme c'est la vérité même, c'est tout juste ce qu'il fallait dire. Ainsi lorsque notre poète regarde les choses et les interroge l' oeillet de la falaise, le chêne, la luciole lui sont prétextes à L'ANNÉE DES POÈTES. 13 comparaisons, lui donnent des leçons, mais pas subtiles, et que nous comprenons fort bien. Toujours vis-à-vis des choses, à propos d'elles, il va, dans Mon Jardin, dans La Vengeance des Arbres, jusqu'à l'extrême de la délicatesse sans mièvrerie. Sa pensée, fort haute, se fait accessible à tous par le pittoresque. Ainsi dans La Tour Ecoutez bien mon dernier rêve Une tour montait jusqu'aux deux. Des hommes se pressaient, sans trêve, Sur ces degrés audacieux. Mais, à chaque pas de la foule, O phénomène singulier! Chaque degré soudain s'écroule Pour descendre, plus d'escalier ! Il fallait, la marche ravie, Monter sans espoir de retour Frappante image de la vie, Je te connais, ô sombre tour ! La dernière strophe de la Tour avait un peu faibli. Voici dans le même genre,, -mi-aphorisme, mi-image, — un morceau sans tare, à la fois poétique, et, comment dirai-je ? logique dans la comparaison. C'est le Cimetière des Marins Marins portés par tant d'orages A tous les points de V horizon, Vous qui dormei sous ces ombrages, Parmi ces vagues de gazon ; Marins, auprès de vous j'envie Vimmobiliiê de ces flots; Las des tempêtes de la vie, J'aspire aux douceurs du repos. Pour vous, plus de lame perfide Ni de vent toujours agité; La croix est le mât qui vous guide Vers le port de V éternité ! 14 L'ANNÉE DES POÈTES. Notre vie entière, avec ses noblesses, ses déchéances, ses attendrissements, se retrouve à quelque page du livre. Lisez Les Larmes; une ou deux expressions ont vieilli; les tendres douleurs » rimant avec les douces fleurs » sont insuffisantes ; la bergère » est un peu surannée ; mais, comme vérité d'observation, comme psychologie, si vous aimez le mot, a-t-on jamais fait mieux ? Je transcris sans suppression aucune. Incontestables défauts, qualités exquises, tout Hippolyte Lucas est dans ces neuf strophes LES LARMES Larmes, qu'êtes-vous devenues, Larmes si promptes à couler ? Je pleurais rien qu'à voir les nues Vers le nord tristement aller. Je pleurais quand la tourterelle Roucoulait ses tendres douleurs ; Je pleurais lorsque, d'un coup d'aile, Le vent brisait les douces fleurs. Je pleurais lorsqu'aux jours d'automne, Dans les bois errant triste et seul, Je voyais leur pâle couronne Couvrir le sol comme un linceul. Tout ce qui se fane ou s'effeuille, Le lys, la rose ou l'amitié, Tout ce que la sombre mort cueille, Avait sa part de ma pitié. Sans pleurs je ne pouvais entendre Un mot héroïque ou touchant, Et combien n'en a fait répandre La bergère avec un vieux chant! Oiseaux de la mélancolie, Vous vous abattiez sur mon sein, Comme sur un roseau qui plie, Le soir, tombe un nocturne essaim. L'ANNÉE DES POÈTES. 15 A toute image fugitive Un soupir sortait de mon coeur, Et mon émotion craintive Se cachait au monde moqueur. Maintenant, dans la solitude, On ne m'entend plus soupirer ; Brisé par tant d'ingratitude, Pourquoi ne puis-je plus pleurer ? Tristesses encore inconnues, Que je voudrais vous exhaler ! Larmes, qu'êtes-vous devenues, Larmes si promptes à couler ? Oui, on les versait sans savoir pourquoi, ces larmes d'enfant. Plus tard, quand on aime, on pleure en sachant pourquoi. C'est qu'on la connaît, cette Différence entre l'amie rieuse, l'ami sombre; en souriant pour étouffer le sanglot, on a pu dire je sais mieux aimer que plaire, Et vous, mieux plaire qu'aimer ! On a redouté l'Absence De deux coeurs séparés par une loi fatale L'amour subtil s'en va comme un parfum s'exhale D'un flacon qu'on vient de briser ; Si l'on a peur de voir son essence envolée Il faut donc qu'elle soit à tout moment scellée Sur la bouche par un baiser ! On a maudit cette sombre écouteuse, » la jalousie; on en regrettera ensuite le départ je vivais, et je ne vis plus. En attendant, on évoque les divins souvenirs VOTRE NOM Dans mon coeur reste voire nom, Gravé d'une empreinte si forte Qu'en dépit de votre abandon Avec moi toujours je le porte, 16 L'ANNÉE DES POÈTES. Les lettres vont croissant, hélas ! Comme les chiffres que l'enfance Incruste, en riant aux éclats, Sur un arbuste sans défense. Ne s'occupant plus de son sort, On voit partir la troupe folle... Mais quelque jour, dans l'arbre mort, On trouve l'empreinte frivole. Et puis on revient à la nature pour lui demander L'oubli; on y trouve, par surcroît, je ne sais quoi de grave, de large, d'indulgent, qui est beau comme du meilleur Lamartine Oui, ton esprit fécond, création immense, Dans l'oeuvre qui finit et soudain recommence, Toujours pétille et bout; Tu rattaches le lierre à chaque toit qui tombe, Tu revêts de gazon ce qui fut une tombe, Tu renouvelles tout. Dès que l'aube verdit sous une ardente sève, Au fond des bois épais je m'assieds et je rêve, Dans l'ombre enseveli. Je me dis A quoi bon la vengeance et la haine ? Débris des jours passés, refleurissez sans peine, Couronnez-vous d'oubli ! » De façon plus précieuse, — et qui, cette fois-ci, évoque la comparaison avec les plus modernes d'entre nos modernes, — on dit le pourquoi des Pleurs d'amour que versa le poète Pourquoi donc, penché sur ta lyre, Regretter, comme un vain délire, Les pleurs qui tombent de tes yeux? Les pleurs à'un amoureux martyre Sont comme des gouttes de cire Pleines d'un ambre précieux. Tout, autour d'elles, se parfume ; Elles perdent leur amertume L'ANNÉE DES POÈTES. 17 Sous le feu brûlant qui les fond ; Et, pour toujours, la poésie Y met son empreinte choisie, Son cachet divin et profond ! On en avait fini avec l'amour, non avec les larmes. On en trouve pour le frère jumeau qui est mort avant vous; on en a pour le pays natal; on en a surtout... Mais lisez le Remords; cela vaudra mieux que mon commentaire Un jour j'étais couché sur mon lit de repos, Je lisais au hasard, et, jetant là l'ouvrage, J'aurais pu, comme Hamlet, dire Des mots, des mots I » L'enfant vint, sur le mien il posa son visage. Il voulut, — c'était là gentillesse de l'âge, — Faire semblant de lire, et moi, d'un dur propos, Je rudoyai Venfant, et, lui tournant le dos, De l' éloigner de moi j'eus le triste courage. Pauvre enfant que m'a pris le destin inconnu. Cet amer souvenir m'est depuis revenu, Je vois ta grosse larme et ta petite moue; Et j' éprouve un remords. Comme je donnerais Mon futile savoir, et mes livres après, Pour sentir, de nouveau, ton souffle sur ma jouet Je ne crois pas. d'ailleurs, — comme on l'affirme fréquemment, — que ce soit là le chef-d'oeuvre d'Hippolyte Lucas. Je relirai plus souvent, pour ma part, ses larmes si promptes à couler », et surtout ce rien, cette piécette venue toute seule, ce soupir de reconnaissance et de regret Oh I comme tu savais aimer ! Et je relirai tout le reste, parce que, dans ce successeur d'André Chénier,dans ce précurseur de Sully Prudhomme, je trouve ce que notre âge viril demande à un poète de l'amour l'amour. Non pas la sensualité grossière, ni surtout les belles phrases d'un Narcisse psychologue, — l'amour tout simplement, sans épithéte, c'est-à-dire le désir, la possession d'un être par un autre, la souffrance 18 L'ANNÉE DES POÈTES. de l'un par l'autre, et, une fois tout fini, l'effroyable supplice de ne plus souffrir par cet être. Tout cela, avec les baisers, les odeurs, la vibration des voix, les soins à l'amie malade, les tristesses de l'éloignement, les doutes, les jalousies, lés élans de confiance éperdue, ce poète me le donne, ou m'en rappelle quelque chose. Comme il est humain et complet, je puis le relire sans qu'il fasse honte à l'homme actuel en lui rappelant l'adolescent d'autrefois. Ce livre, c'est un ami délicat, indulgent parce qu'il a traversé l'existence entière, et vu le pourquoi de tout, même d'un idéal qui rabat un peu ses ailes pour les briser moins sûrement. Lu il y a huit ans, je l'eusse moins goûté; je l'ai connu à l'heure exacte où je pouvais le comprendre, et où j'ai eu la joie de le sentir pareil à moi, lui qui renferme toute la vie d'un homme sincère, c'est-à-dire toute la pauvre sagesse de l'humanité. CHARLES FUSTER. DESSIN DE SOULARY LA MORT INÉDIT Je sais bien qu'il faut que l'on meure, Je sais bien que sonne à toute heure La sombre horloge du trépas. Oui, je sais bien que tout succombe, Et que l'on rencontre une tombe Sur son chemin, à chaque pas. Quand tout renaît sur cette terre, Quand les beaux jours sont revenus, Je vais dans le bois solitaire, Pensant à ceux qui ne sont plus. Le soleil darde en vain sa flamme, Le ciel montre en vain ses trésors Tout rayonne, excepté mon âme, Moins fidèle aux vivants qu'aux morts. Mais, en voyant briller la rose, Je dis, par la nature instruit La vie est une fleur éclose, La mort en est le fruit. » HIPPGLYTE LUCAS. LES PERSÉCUTIONS
poésie bonne année que nous apporteras tu